Fête du 13 Mai (photos, discours, articles de presse

Article publié dans "Le progrès"

Le 13 mai 2006, l’association « les jardins de Lucie » a fêté ses 5 ans d’existence et de fonctionnement. A cette occasion une après midi festive a été organisée avec la sortie officielle d’un livre « les recettes de Lucie Desjardins » réalisé en collaboration avec Alain Durbec,. Malgré le temps incertain, voire même les quelques gouttes de pluie, les adhérents et proches des jardins se sont succédés toute l’après midi. Chacun a pu profiter de l’exposition photos rétrospectives, des acrostiches réalisés par les adhérents et les salariés en insertion, de souvenirs des différents « locaux » : caravane, cabane.... Alain Durbec dessinateur humoriste et adhérent des jardins de puis sa création et Patrick Henriroux Chef du restaurant « la Pyramide » à Vienne et parrain du livre de recettes se sont appliqués à dédicacer le livre toute l’après midi. Ce livre est le reflet de la vie du jardin, le fruit de rencontres : Recettes d’adhérents, recettes de personnes en insertion, recettes d’un grand chef français, et dessins d’un croqueur de légumes. Pour cette occasion, Alain Porta, comédien, a créé un spectacle délectable avec pour thème la cuisine et la nourriture, accompagné de quelques musiciens de l’harmonie des enfants de l’Ozon, et Kader Damani, plasticien vidéaste, une projection audio visuelle filmée aux jardins, sur serres. 160 convives ont partagé et savouré un dîner sur place dans une ambiance très conviviale. L’association se porte bien, elles fournit des légumes par abonnement à 280 familles 47 semaines de l’année, emploie 8 permanents professionnels de l’insertion et du maraîchage qui encadrent en permanence 18 salariés en insertion sociale et professionnelle. « Les jardins de Lucie » continue son travail de solidarité et de sensibilisation à la protection de l’environnement, travail reconnu par une large population et de nombreuses collectivités.

Le livre est en vente 13 euros sur place : les jardins de Lucie, 69 chemin du Tram, 69360 Communay, tel : 04 72 24 68 30 ; fax :04 72 49 75 01 email : jardinsdelucie@wanadoo.fr, site : http://www.jardinsdelucie.net/

Discours d’Etienne Traynard, président des jardins de Lucie, le 13 mai 2006

« Chers amis, quel plaisir de vous retrouver pour cet anniversaire !

Savez vous qu’une nouvelle entreprise sur deux s’arrête avant de fêter ses 5 ans ? Passer les 5 ans, c’est déjà super, même si nous n’avons pas la solidité des institutions. Je ne vais pas vous rappeler notre histoire depuis 5 ans ; vous l’avez tous vécue, ou on vous l’a racontée, ou au pire, nous aurons d’autres occasions. Je voudrais fêter ce repas ensemble, savourer ce moment et le partager. Le partage est une belle valeur. Ce n’est pas la seule, mais elle est importante aux jardins. On partage une ambition commune pour une société plus fraternelle, on partage des responsabilités et des efforts pour réussir notre entreprise de maraîchage et d’insertion, on partage des légumes produits par les maraîchers, on partage aussi des histoires, des espoirs et des cultures différentes qui nous enrichissent. Cet anniversaire est placé sous le signe des recettes qui sont autant d’exemples et d’envies de partager un bon repas ensemble. J’ai moi aussi apporté une recette sans autre prétention que de partager avec vous quelques bons mots.

« La recette d’édile* attente »

C’est une recette de nos campagnes. Son origine n’est pas connue, parce que sa transmission est essentiellement orale. Peut-être vient-elle de Clochemerle, vieux terroir de la langue française. En réalité, vous le verrez, elle pourrait être de partout et de chez nous, tant les ingrédients sont disponibles à Communay, pardon, je voulais dire sont disponibles communément. Il n’y a qu’à se dresser contre les haines de nos champs et contre les murs de nos rues pour la cueillir. . Prenez des adhérents. Il en faut pas mal, autant que vos bras et vos récipients pourront en contenir, mais pas trop sinon cela déborde... Bon, les adhérents, vous savez ce que c’est ? C’est facile à trouver mais en réalité, c’est la manière de les cueillir qui est importante. Si vous les cueillez à froid, ils vont faire grise mine. Si vous les cueillez à chaud, ils vont se durcir trop vite, ou au contraire se ramollir, partir en morceaux, des fois des cas extrêmes on dirait qu’ils explosent de colère. Il faut une manière douce, souriante, accueillante, joyeuse et déterminée. Si « Joce » dire, le tour de main de la recette est là, n’est ce pas Joce ? Et avec un bon tour de main, vous en avez vite de pleins paniers. . Choisissez bien les statuts de l’association. Je n’ai jamais su pourquoi une bonne association devait avoir un statut. C’est probablement une question de représentation. Alors pour une recette bien dilettante, prenez une belle statue. Si vous n’en avez pas, créez là. Nous, on en a une ici : avec l’arrosoir et l’arc en ciel, elle particulièrement belle, je trouve. . Vous faites rentrer les adhérents dans l’association. Ce n’est pas toujours facile, question de forme. Faites des efforts, ne rejetez pas les adhérents dès la première difficulté. Une seule vraie condition, il faut qu’ils soient bio compatibles... gardez les adhérents fidèles, les bénévoles, les exigeants, les attentionnés, et gardez tous les autres. . Avec les adhérents, ajoutez quelques légumes. Un bon conseil, prenez des légumes différents, c’est de meilleure goût : poireau, aubergine, tomate, navet, topinambour etc. Mettez en plusieurs, des bios bien sûr, bien mûrs, mais pas trop sinon les goûts se mélangent et tout s’affadit. . Des adhérents, quelques légumes bien administrés, ajoutez un jet d’eau ou deux. Je ne vous cache pas que cela se discute. Il y a les antijets et les projets. Il y en a qui disent que pour qu’elle soit bien dilettante, il faut s’arrêter là et laisser l’association vivre sa vie : c’est la cuisine nouvelle. Tout est dans le choix des ingrédients, leur fraîcheur, leurs qualités propres. Des fois, c’est pas mal je reconnais. A vous de choisir. Personnellement, je suis plutôt pour les projets, et j’en mets un, deux, voire trois dans l’association. Mais attention, plus on en met et plus c’est dur à demande des efforts pour faire tourner l’association ; car le cour de la recette, c’est de faire tourner l’association. . Quand l’association commence à tourner, ajouter quelques épices, du poivre et du piment pour relever le goût, du coriandre et du paprika parce que j’aime ça, du sel pour faire ressortir toutes les sensations. Ne ménagez pas votre peine et n’arrêtez pas tout de suite, sinon le goût est très amer. Et oui, il arrive malheureusement que l’association s’arrête. En particulier quand les épices ajoutées sont incompatibles avec le bio. On appelle cela la recette de l’édile amer. Ne me demandez pas pourquoi. . Ça demande pas mal d’efforts et d’huile de coude au début. On peut d’ailleurs s’y mettre à plusieurs. La cuisine à plusieurs, c’est sympa. Par exemple, pour faire tourner l’association « les jardins de Lucie », on a commencé à une dizaine et maintenant on s’y met à plus d’une vingtaine avec les chefs cuistots et les jardiniers. Et que je te remue les adhérents chaque semaine, et que je te secoue tous ces légumes. C’est une sacrée activité, mais chaque cuisine peut avoir un association différente. . C’est là qu’il faut faire attention au tour de rein, à cause de tous ces efforts. On dit parfois que cette recette nécessite 2 tours, un premier tour de main, un deuxième tour de rein. Mais c’est une recette, elle est orale, je vous le rappelle. Alors un seul tour est parfois suffisant. . Bon, l’association tourne bien, l’équipe de cuisine est motivée, les adhérents sont bien animés et les légumes reposent au fond de l’association. Parfait ! Laissez tourner tranquillement ou plus rapidement si vous aimez, pendant 5 ans au moins. Au bout de 5 ans la recette est prête pour savourer et faire la fête ensemble.

A cause de cette attente, on l’appelle la recette de l’édile attente, et non pas, comme certains peuvent le croire la recette des dilettantes*, car même si c’est un plaisir, cela n’a rien de dilettante. »

NB : *Edile = magistrat romain chargé de l’administration municipale *Dilettante = personne qui s’adonne à un travail pour son seul plaisir, en amateur, avec une certaine fantaisie

Documents joints :


Alain Serge Porta lisant "Recettes de cuisine Canibale" de Topor

Spectacle "Le mot à la bouche" - Cliquer sur l’image pour l’obtenir en grand format

Le repas
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